À l’occasion des 150 ans de Gitana, lignée familiale de bateaux de course initiée en 1876, Olivia de Rothschild, Directrice Artistique de Caron, choisit de célébrer une saga unique au monde, portée par des valeurs dans lesquelles elle se reconnaît profondément une détermination et une volonté de dépassement, faites de pas de côté et d’innovations mises au service du progrès. Cet esprit trouve un écho particulier dans l’histoire de Caron, et plus particulièrement dans Pour Un Homme.
Une tension fondatrice
En 1876, sur le Léman, Julie de Rothschild inaugure un yacht de compétition qu’elle baptise La Gitana. À une époque où la navigation demeure un territoire largement masculin, elle choisit la vitesse, l’exigence et la course. Son geste affirme une audace et une liberté d’esprit qui déplacent les lignes. Porté dès le départ par l’exigence de se dépasser, au fil des générations cet élan se prolonge. Chaque bateau vient réinterroger le précédent, le pousser plus loin, affiner sa ligne et ajuster sa trajectoire.
En 1934, Ernest Daltroff, parfumeur et fondateur de la Maison, compose Pour Un Homme, l’un des tout premiers parfums masculins, dans un univers alors très féminin. Dans cette création née d’un geste radical, à rebours des codes de son temps, le parfumeur unit la fraîcheur vive de la lavande à la chaleur enveloppante de la vanille, une note alors largement associée à l’imaginaire olfactif féminin. Cette rencontre fonde la singularité du parfum. Elle lui donne sa tension propre et sa force de rupture.
Le dialogue entre Gitana 18 et Pour Un Homme en offre aujourd’hui une expression particulièrement saisissante. Trimaran océanique de nouvelle génération, Gitana 18 est conçu pour s’extraire de son propre poids et voler au large. Entre la mer et l’air, entre la masse du bateau et son envol, Gitana 18 se déploie au large, porté par ces tensions constantes. Pour Un Homme trouve lui aussi sa singularité dans un équilibre de contrastes, entre fraîcheur et chaleur, entre masculin et féminin. Tout se joue, là encore, dans cette tension portée jusqu’à son point d’équilibre.
Le corps face à la machine
Pour incarner cette tension, Olivia de Rothschild choisit Bastien Dausse, danseur et acrobate, dont le travail se construit au contact de dispositifs conçus pour déplacer la perception de la gravité. Chez lui, le mouvement naît d’un dialogue étroit entre la douceur du geste et la tension de la machine, entre une impression d’apesanteur et une technicité extrême. Suspendu aux voiles de ce trimaran conçu pour prendre son envol au large, le corps de Bastien transpose dans le mouvement ce jeu de tensions, en prolonge l’élan, en reprend l’exigence. À travers lui, la rigueur du geste répond à la précision de la machine, dans une relation de maîtrise qui rappelle celle du skipper avec le bateau qu’il mène au large. Dans ce dialogue avec le trimaran se révèle une légèreté conquise, née d’une maîtrise poussée à son plus haut degré.
Au cœur de ces résonances se dessine une même détermination, dépasser les lignes établies, faire de l’innovation une force de progrès, jusqu’à ouvrir un espace de libération.